Chers Amis,

Quelle joie que de vous revoir depuis la fin de nos derniers travaux à l’Hôtel Ledger Plaza Maya Maya à Brazzaville en 2015.

Chers confrères c’est un rôle éminemment noble qu’est celui dévolu au notaire.

Rappelons-nous encore du Conseiller REAL :

« Conseils, désintéressés des parties aussi bien que rédacteurs impartiaux de leurs volontés, leur faisant connaître toute l’étendue des obligations qu’elles contractent, rédigeant ces engagements avec clarté, leur donnant le caractère d’un acte authentique et la force d’une jugement en dernier ressort, perpétuant leur souvenir et conservant leur dépôt avec fidélité, ils empêchent les différends de naître entre les hommes de bonne foi : ces conseils désintéressés, ces rédacteurs impartiaux ; ces espèces de juges volontaires qui obligent irrévocablement les parties contractantes sont les notaires : cette institution est le notariat».

Pour que ce bel idéal demeure malgré toutes les vicissitudes du temps et de l’administration, nous avons compris depuis fort longtemps que notre solide formation initiale ne suffit plus dans un monde en perpétuel mouvement.

L’adaptation elle-même ne suffit plus. Il nous faut désormais être avant-gardiste. Nous devons explorer tous les aspects de l’évolution de nos sociétés, imaginer, expérimenter et créer les mécanismes juridiques de demain pour servir notre devise de toujours que nous pourrions résumer dans le suivant triptyque : Probité, Sécurité, Authenticité.

Nous allons nous réunir du 23 au 27 mai pour améliorer nos connaissances et repartir avec de nouvelles compétences tout d’abord en matière du droit de la copropriété. La copropriété verticale.

Peut-on délivrer un titre de propriété distinct et revêtant les mêmes attributs à un appartement situé au rez-de-chaussée, au 7e ou au dernier étage ?  Pourra-t-il être hypothéqué ? Pourra-t-on délivrer autant de titres qu’il y a d’appartements dans un immeuble ?

Nos banques rechignent à financer la construction de grands ensembles immobiliers parce qu’elles ne savent comment appréhender la propriété des différents lots. Les réponses à ces questions transformeront nos villes africaines qui croissent anarchiquement et démesurément dans leur seule dimension horizontale au grand dam des sociétés de fourniture d’électricité et d’eau ou des forces de protections et de sécurité.

Insatisfaits des solutions classiques, nous avons recouru aux lumières d’un professeur africain et tenu à la présence des conservateurs de trois pays ayant un peu plus d’avance que les autres pour nous faire part de leurs compréhensions et expériences dans ce domaine particulier.

En droit des sociétés, notre profession, soucieuse de la qualité des prestations qu’elle doit aux 97% des clients qui lui sont demeurés fidèles dans l’ensemble des pays de l’OHADA poursuit ses séminaires d’harmonisation malgré la modicité de nos honoraires en la matière.

Nonobstant les sacrifices concédés certains prennent un malin plaisir à communiquer partout que l’on n’aurait plus besoin de notaire pour créer une société !

Ils auraient tout aussi pu déclarer « on a plus besoin de chirurgien pour se faire opérer », « plus besoin d’architecte pour construire », « plus besoin d’avocats pour se faire défendre », et je vous invite à trouver d’autres inepties du genre pour ceux qui ne jurent que par l’uberisation de nos vies!

Dans ces heures noires que nous vivons, les sociétés créées avec des fonds illusoires ou douteux pour des buts dangereux ou douteux avec des individus de nationalité douteuse créent des dégâts bien réels à Alger, Bamako, Grand Bassam tandis que Dakar, Cotonou et bien d’autres sont sur le qui-vive conscients que Damoclès aiguise sa lame.

Le troisième et dernier sujet de nos travaux a pour but la communication avec les outils de demain. Le notariat mondial met en place, sous l’Egide de son inénarrable Président, les communications juridiques instantanées avec tout le réseau notarial. A Rio, lors de la construction d’un pont que nous avons initié sur l’océan Atlantique entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, nous avons mis en place les prémisses de cette communication de demain qui transformeront certaines réalités juridiques d’hier. Nous allons ranger au musée de l’histoire juridique, de nobles institutions comme l’exequatur et bien d’autres.

Ces outils nous permettront aussi d’offrir des prestations plus poussées et plus personnalisées à nos concitoyens. Toujours plus de compétences au service de notre devise : probité, sécurité, authenticité.

Olagnika SALAM

Secrétaire Général CAAF